le 04 mar 2010
Vanik Berberian : changer notre regard sur le rural
Que plébiscitent nos concitoyens ?
Espace et proximité, équité et qualité de service, préservation des racines et confiance en l’avenir. Il est vrai qu’ainsi mises en miroir, ces notions peuvent sembler contradictoires or elles sont bien complémentaires. Et ce qui fait la force de nos territoires ruraux, c’est que nous les avons toutes. Certes avec des nuances mais justement, parce que rien n’est jamais définitivement acquit, nous nous devons d’être extrêmement vigilants.
Sur un plan général, le contexte économique contraint que nous connaissons et l’évolution technique perpétuelle, nous obligent à vivre des mutations profondes. Nous ne devons pas seulement nous y préparer, nous devrions plutôt essayer de les orienter. « Agir plutôt que subir » n’est pas une formule démodée, bien au contraire.
Et comme pour tout combat, il faut commencer par évaluer le rapport des forces et identifier points forts et faiblesses. Pour l’instant, reconnaissons que nous n’avons pas la main. La notion d’aménagement du territoire est toujours un vœu pieu, les services publics et/aux publics comme on distingue aujourd’hui, ont lourdement tendance à se recroqueviller, sous le faux prétexte de la modernisation, le profit financier impose plus que jamais sa loi au politique. Et l’homme dans tout ça ? Pour paraphraser un chroniqueur radio bien connu.
Nos responsables politiques et économiques ont la fâcheuse tendance à ne pas considérer les espaces où la densité de population est moins forte. En procédant ainsi, la dynamique d’hyper concentration perdure avec ses conséquences de plus en plus négatives et coûteuses.
Pour que les choses changent il faudrait sans perdre davantage de temps une volonté politique partagée par tous. Analyses et diagnostics ne sont plus à faire. Paramètres et statistiques sont connus. Que ce soit en matière d’étalement urbain, de concentration commerciale, de déséquilibres agricoles, de disparité au plan de la santé, de fracture numérique, etc.…
Mais rien ne se fera sans un changement de cap, notamment sur la question des services à la population. Prenons par exemple la fameuse RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) dénomination douce d’une réalité violente que l’on peut appeler, Raréfaction Générale des Politiques Publiques ; Si à l’origine et dans le fond l‘objectif était plutôt louable, (faire aussi bien voire mieux en maîtrisant intelligemment la dépense), la réalité est tout autre. La suppression du soutien, quelles qu’en soient les formes, aux réseaux associatifs qui animent un tissu rural souvent fragile, aura des répercussions graves. La disparition progressive des services de l’Etat, en matière d’accompagnement des collectivités locales (je pense au Trésor public, à l’Equipement, à l’Education nationale, …) pose déjà problème, particulièrement pour les collectivités les plus pauvres. Après la déconcentration des services de l’Etat on assiste à une nouvelle phase, leur désintégration. Enlever sans proposer d’alternative est techniquement dangereux et psychologiquement catastrophique.
Des solutions ? Changer notre regard, notre fonctionnement. Innover, ne pas se scléroser avec de vieux schémas, décloisonner, mutualiser vraiment. Et aussi, mieux respecter la Constitution Française qui parle de péréquation des richesses entre les territoires.
Vanik Berberian
Maire de Gargilesse (Indre)
Président de l’Association des Maires Ruraux de France / www.amrf.fr
Espace et proximité, équité et qualité de service, préservation des racines et confiance en l’avenir. Il est vrai qu’ainsi mises en miroir, ces notions peuvent sembler contradictoires or elles sont bien complémentaires. Et ce qui fait la force de nos territoires ruraux, c’est que nous les avons toutes. Certes avec des nuances mais justement, parce que rien n’est jamais définitivement acquit, nous nous devons d’être extrêmement vigilants.
Sur un plan général, le contexte économique contraint que nous connaissons et l’évolution technique perpétuelle, nous obligent à vivre des mutations profondes. Nous ne devons pas seulement nous y préparer, nous devrions plutôt essayer de les orienter. « Agir plutôt que subir » n’est pas une formule démodée, bien au contraire.
Et comme pour tout combat, il faut commencer par évaluer le rapport des forces et identifier points forts et faiblesses. Pour l’instant, reconnaissons que nous n’avons pas la main. La notion d’aménagement du territoire est toujours un vœu pieu, les services publics et/aux publics comme on distingue aujourd’hui, ont lourdement tendance à se recroqueviller, sous le faux prétexte de la modernisation, le profit financier impose plus que jamais sa loi au politique. Et l’homme dans tout ça ? Pour paraphraser un chroniqueur radio bien connu.
Nos responsables politiques et économiques ont la fâcheuse tendance à ne pas considérer les espaces où la densité de population est moins forte. En procédant ainsi, la dynamique d’hyper concentration perdure avec ses conséquences de plus en plus négatives et coûteuses.
Pour que les choses changent il faudrait sans perdre davantage de temps une volonté politique partagée par tous. Analyses et diagnostics ne sont plus à faire. Paramètres et statistiques sont connus. Que ce soit en matière d’étalement urbain, de concentration commerciale, de déséquilibres agricoles, de disparité au plan de la santé, de fracture numérique, etc.…
Mais rien ne se fera sans un changement de cap, notamment sur la question des services à la population. Prenons par exemple la fameuse RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) dénomination douce d’une réalité violente que l’on peut appeler, Raréfaction Générale des Politiques Publiques ; Si à l’origine et dans le fond l‘objectif était plutôt louable, (faire aussi bien voire mieux en maîtrisant intelligemment la dépense), la réalité est tout autre. La suppression du soutien, quelles qu’en soient les formes, aux réseaux associatifs qui animent un tissu rural souvent fragile, aura des répercussions graves. La disparition progressive des services de l’Etat, en matière d’accompagnement des collectivités locales (je pense au Trésor public, à l’Equipement, à l’Education nationale, …) pose déjà problème, particulièrement pour les collectivités les plus pauvres. Après la déconcentration des services de l’Etat on assiste à une nouvelle phase, leur désintégration. Enlever sans proposer d’alternative est techniquement dangereux et psychologiquement catastrophique.
Des solutions ? Changer notre regard, notre fonctionnement. Innover, ne pas se scléroser avec de vieux schémas, décloisonner, mutualiser vraiment. Et aussi, mieux respecter la Constitution Française qui parle de péréquation des richesses entre les territoires.
Vanik Berberian
Maire de Gargilesse (Indre)
Président de l’Association des Maires Ruraux de France / www.amrf.fr
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