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le 06 janv 2012

L'histoire du MRJC vue par deux nouveaux permanents

L’auto-interview exclusive …


Les nouveaux permanents du MRJC se sont penchés sur l’histoire du mouvement lors de leur deuxième semaine de formation. Voila l’interview de 2 participants à cette journée qui ont fouillé dans les archives poussiéreuses du mouvement avec les éclairages de François Eichholtzer, président du MRJC de 1981 à 1983…et qui ont survécu ! Une interview exclusive menée par notre Merveilleux Reporter Joyeusement Communicatif.

M.R.J.C. : Vous avez travaillé sur l’histoire du MRJC pendant votre 2ème FP (ndlr : formation des permanents,) pouvez vous nous dire quel regard le MRJC a porté sur la société ?

TD: Le MRJC a été créé en 1929, sous le nom de Jeunesse Agricole Chrétienne (JAC). A l’époque c’est la dignité du monde paysan qui est au cœur des préoccupations. Les paysans sont alors mal vus dans la société et travailler la terre n’est pas un métier reconnu.

CJ : Après la seconde guerre mondiale, dans une société bouleversée et tournée vers l’avenir, ce sont les questions liées à la modernité, au progrès technique qui arrivent dans les campagnes, qui vont être au cœur des réflexions dans le mouvement. Si dans les années 50-60, le MRJC accepte ces transformations et encourage l’arrivée du progrès dans les campagnes, dans les années 70 on voit un début de critique du système en place. Un certain virage s’opère alors avec l’arrivée des questions environnementales notamment et c’est pour un autre modèle de société que le MRJC milite. L’abandon de la logique productiviste, vivre et travailler au pays, un autre développement, voila ce qui motive les militants ! On retrouve ça en 2004 où le message est clair : on change le monde ?

M.R.J.C : Et donc plutôt que de regarder la société au MRJC il me semble qu’on a tendance à s’y impliquer pour la changer dans le mouvement ; quelles ont été les grandes réalisations ?

TD : Vous savez, déjà il faut se rappeler de grands rassemblements qui ont marqué des milliers de militants comme le Congrès de 50, les « Etats Généraux des Jeunes ruraux d’Europe » en 89, France 98 (non je déconne), le RN de 2004 : « on change le monde ? » et puis le petit dernier le Festival des boussoles et j’en oublie !

CJ : Ensuite, de nombreux élus, leaders syndicaux etc. ont commencé leur engagement dans le mouvement. Ainsi le MRJC a permis à de nombreux jeunes d’apprendre l’exercice de la responsabilité, de se former avant de poursuivre leur engagement dans d’autres structures,  associations, partis politiques etc.

TD : Et puis il faut bien le dire, les années 50-60, c’est les 30 glorieuses pour la JAC. Le monde paysan va être complètement bouleversé par la mécanisation de l’agriculture. Et c’est le modèle défendu par la JAC à l’époque (celui d’un couple menant une exploitation moderne pour nourrir le monde) qui va devenir la norme dans le milieu rural.

 CJ : Et à tout ça on peut rajouter les multiples réalisations des équipes locales : Les Fêtes de la Joie à leur époque faisaient vibrer le monde rural et certains en parlent encore, des sanglots dans la voix. 

Les théâtres, festivals, tournois, chantiers, débats et que sais je encore qui ont été, qui sont et qui seront encore organisés par le MRJC ont fait et feront bouger nos campagnes. Et pour longtemps encore, j’en suis sûr !



M.R.J.C : Alors est-ce qu’il y a des questions qui ont traversé les siècles ?

CJ : Evidemment ! La première c’est le rapport à l’Eglise. Dans les archives on trouve déjà cette question dans les années 50 puis elle réapparaît sans cesse, et finalement on se la pose toujours ! Sommes-nous un mouvement d’Eglise ? Qu’est ce que cela veut dire ? Qu’elles sont nos valeurs ? On y est toujours resté en 80 ans, ce qui veut bien dire quelque chose, car comme disait un prêtre, « la foi sans le doute, c’est sans doute pas la foi ». Mais pour certains, nous serions « le mouton noir » de l’Eglise.

TD : Et puis une question qui revient depuis plus de 60 ans maintenant, mais qui ne reviendra malheureusement plus, celle d’arrêter les calendriers !!! Et oui nos ancêtres ont galéré aussi avec ces calendriers, quand je pense que nous n’en avons pas à vendre cette année, quelle tristesse !

M.R.J.C : Vous avez retenu un ou deux slogans ?

TD : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait »
CJ : « La vie est trop courte pour militer triste » et bien sur…
TD et CJ : … « On change le Monde ? »

M.R.J.C : Et pour l’avenir alors qu’avez-vous retenu de cette histoire ?

CJ : Et bien ce qu’on a vu c’est que les militants qui nous ont précédés se sont posés des questions, ont douté comme nous actuellement, mais ce qu’on retient aussi c’est qu’ils n’avaient pas froid aux yeux, alors à nous de faire pareil.

TD : Et puis surtout ce qu’on retient c’est que le MRJC appartient à ses militants donc s’il nous reste des questions, c’est aux militants d’y apporter des réponses et d’écrire ensemble l’histoire du mouvement dont on voudra se souvenir demain.

Corentin Jaunet (Poitou-Charentes) et Thibault Duisit (Rhône-Alpes)

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