Coopération de mouvements chrétiens pour l'éducation, la formation, l'emploi des jeunes cadres agriculteurs en France, afin de relever les défis de société face à la mondialisation, promouvoir un développement durable et la protection de l'environnement, favoriser la transmission d'entreprise et les projets associatifs en milieu rural pour l’agriculture.

le 18 sept 2009

Débat : coopérer, une action décalée ?

C'est la rentrée, et dans quelques mois le MRJC organise un stage recherche sur la coopération.

C'est un thème qui colle parfaitement au contexte actuel. Partout on nous parle de crise, de licenciements, d'entreprises qui ferment ou qui délocalisent. Mais de temps en temps, une petite voix s'élève qui nous dit que les coopératives s'en sortent mieux, qu'elles ne licencient pas, et surtout qu'elles ne sont pas délocalisables. Le statut coopératif apparaît donc comme idyllique !

Et pourtant ! Depuis un an, certains coopératives ou mutuelles (ces 2 statuts sont comparables) ont défrayé la chronique : fermetures, rachats par des groupes non coopératifs, fusions-agrandissements, ... (CAMIF, Groupe Banques Populaires, Groupe Caisse d'Epargne, etc.).

De même, les discours ambiants incitent plutôt à la concurrence, au repli sur soi. Coopérer, c'est à dire "agir ensemble" apparaît comme décalé. Dans notre vie d'équipe, nous avons l'habitude de vivre, d'agir, de faire ensemble. Sommes-nous des jeunes à part ? Comment parler de coopération quand on nous parle de compétition ?

La coopération a-t-elle un sens pour toi aujourd'hui (dans ta vie de tous les jours, ta vie d'équipe, au lycée, dans ton entreprise, tes engagements,...) ?
Tag(s) : coopération

Commentaires

  • david
    18 nov 2009 | http://www.mrjc.org/forum |
    le débat continue sur le forum du MRJC !
  • Pierrick
    16 oct 2009 |
    Justement Jérôme, c'est grave quand on en arrive à promouvoir un système schizophrène, où la compétition doit avoir lieu, sans règles, et où on prétend que c'est la coopération qui permet de remporter la compétition. Perso j'ai fait mon choix: si j'ai choisi la coopération c'est pour sortir du modèle de compétition, notamment au niveau économique. Qu'importe s'il faut plus de temps pour produire, l'essentiel est que le besoin soit satisfait et que les travailleurs n'en subissent aucune mauvaise conséquence.

    L'échec des coopératives à taille inhumaine est patent: c'est parce qu'elles ont voulu jouer le jeu de la compét', qu'aujourd'hui elles se plantent et que ces couillons d'agriculteurs en sont réduit à faire des buchers sur les champs-élysées. C'est parce que les agriculteurs ont choisi la compétition, qu'ils ont fait embaucher des technocrates dans leur coopérative, croyant pouvoir gagner et voyant finalement le pouvoir se retourner contre eux.

    La compétition économique, sociale, sanitaire, scolaire sont les formes les plus exacerbées du capitalisme, des nationalismes, de la domination culturelle, etc. C'est contre ça qu'il faut lutter. Ca nous renvoie à des conceptions économiques, mais pourquoi devrait-il y avoir concurrence et compétition dans le secteur de fabrication des ampoules ou bien encore des feuilles de papiers? Après tout, tous les produits sont les mêmes, y'a que la marques et le design qui change, et encore. Pourquoi accepter la compétition pour des productions et des différences de production aussi ridicules?

    Quant à la compétition sportive, elle est acceptée car aucune alternative n'est posée en face; pourquoi pas ne pas proposer des classements de championnats avec d'autres façons de compter les points que victoire ou défaite? On pourra valoriser l'attitude offensive, le fair-play, le degré de coopération entre joueurs, etc.

    En résumé, on tient pour acquis, universel et inébranlable des principes qui, quand on s'y arrêtent, ne sont pas si bénéfiques, si progressistes et si émancipateurs que ça...
  • Gwladys
    16 oct 2009 |
    bonne question celle de la cohérence d'être à la fois en coopération à un niveau ou dans un certain cadre et être en compétition à une autre échelle ou ailleurs...la compétition n'est sans doute pas une bête noire ou un monstre qu'il faut fuir à tout prix pour construire une société dnas laquelle chacun peut s'épanouir, et pas au détriment des autres. La compétition c'est aussi une forme d'émulation et qui permet à chacun de se dépasser. Alors moi je crois que derrière tout ça il y a la question des valeurs, du cadre et des limites. Lorsque l'on participe à une compétition sportive, c'est bien dans le cadre du match, et pas dans l'optique d'écraser l'autre, et cela n'empêche pas d'aller fêter le match tous ensemble ! de la même façon, lorsque l'on coopère, il y a des limites: est-on prêt à coopérer avec quelqu'un dont le but recherché est l'intérêt personnel à tout prix, quitte à écraser l'autre?
    alors la copératon peut être une manière de vivre, de voir les choses, qui n'empêche pas la compétition dans certains cadres, avec certaines règles et dans un but précis. reprenons l'exemple du sport : on participe à la compétition pas forcément pour prouver qu'on est meileur que les autres, mais bien se mettre à l'épreuve, se dépasser, participer, et ausis se faire plaisir. on voit bien que ce n'est pas toujours le cas, et la compétition dégénère quand on dépasse le cadre du match, et les règles de la compétition en question, organisée. la coopération peut alors permettre de rééquilibrer les rapports, en tant que manière d'appréhender l'autre (même s'il est notre compétiteur) : lautre est avant tout un autre homme, un autre citoyen, avec la même dignité. entrer en compétition en ayant en tête les caleurs de la coopération peut permetre de trouver un équilibre, et surtout de ne pas se fermer à une manière d'agir, mais de s'adapter en fonction de la situation, de cadre posé et du but recherché. un opposition manichéenne entre coopération et compétition n'est sans doute pas pertinente, ni constructive si on veut construire d'autres raports entre les hommes pour une société plus juste et plus humaine.
  • Jerome
    15 oct 2009 |
    Pierrick, Germain et les autres le disent : la coopération se vit dans la vie de l'entreprise, ou même dans la vie de tous les jours. Et toujours elle est comparée à d'autres postures, d'autres façons de vivre sa relation aux autres : compétition, concurrence, prédation même. Il semble donc possible de coopérer à une échelle et d'être en compétition à un autre niveau. Est-ce logique ? Est-ce grave si des ouvriers en SCOP coopèrent au sein de l'entreprise mais sont en concurrence sur le marché mondial ? Est-ce grave si un jeune vit en coopération dans son équipe MRJC le samedi, mais qu'il s'éclate en compétition sportive le lendemain ? Peut-on être à la fois coopérateur et compétiteur ?
  • Germain
    05 oct 2009 |
    Je pense qu'il faut faire attention à ne pas créer un amalgame entre coopération et coopérative. La coopérative est un statut basé (a priori) sur la coopération et ayant des règles de fonctionnement. Sauf que ce n'est pas parce qu'on est dans une coopérative que l'on vit la coopération et que l'on est dans une dynamique de coopération vis à vis de l'extérieur (fournisseur, concurrents...) Beaucoup de coopératives ont des statuts réglementés mais sont entrées dans la logique de compétition sur le marché, ou dans des liens forts de subordination, la coopération se limite donc à produire en commun.

    Je pense que la coopération pose une base de fonctionnement, seulement, elle ne doit pas se limiter à une ou deux manières de faire ici où là. Elle doit questionner l'ensemble des actions, des manières de vivre et des fonctionnements, pour être cohérente. À quoi sert-il de coopérer en circuit fermé et de se concurrencer avec l'extérieur ?

    La coopération n'est pas quelque chose d'innée, même en étant convaincu de ces bienfaits, on en apprend chaque jour. Personnellement, elle m'apporte beaucoup dans mon travail, et dans le sens de mon activité.
    Aborder les choses dans la coopération, c'est faire confiance dans les capacités des autres, dans les complémentarités qui peuvent exister, dans ce qu'apporte chacun. C'est aussi trouver sa propre place, faire ce qu'on sait faire le mieux, laisser faire aux autres ce qu'ils savent faire le mieux, et se lancer des défis collectifs pour repousser les limites (personnelles et collectives) de savoir faire et de ses savoir être.
    La coopération passe beaucoup par la connaissance de l'autre, la connaissance de soi, elle ne se vit pas seulement dans un idéal, elle aussi faite de compromis. Parfois, on n'a pas envie de coopérer avec telle ou telle personne, il ne faut pas se la cacher, c'est un acte d'honnêteté. Le temps peut faire les choses (ou pas), mais en tout cas c'est pas pour cela qu'il faut rentrer dans la logique de la concurrence, du prédateur ou du loup.
  • Pierrick
    01 oct 2009 |
    J'voulais réagir ce matin mais je suis pas arrivé à poster mon commentaire. Font chier tous ces codes à taper et ces signes à ne pas mettre. Et je comprends ce que tu dis Cécile et voici ce que j'avais prévu de rajouter ce matin

    Merci Jerome pour ta réponse, et du coup tu peux supprimer mon post d'indignation car il n'a plus aucun sens.

    La citation de Karl Marx voulait exprimer, non pas une contestation de la coopération au sens pure du terme, mais l'utilisation politique, économique qui pouvait être fait de ce terme et surtout de ce mode de fonctionnement et, ou de production.

    Si le procès de production se passe comme le décrit Marx,exploitation, division du travail, etc., c'est parce qu'il y a coopération entre les travailleurs lors du procès de production. En gros, la coopération permet, en acceptant la division du travail, que le produit soit fabriqué car la coopération est l'assemblage des opérations qui construisent le produit.

    Ex: un travailleur découpe une semelle, un travailleur fait les lacets, un autre les assemble, un autre découpe le cuir, etc., à la fin on a une chaussure. La coopération est donc ce qui dépasse les travailleurs et qui réunit les différentes étapes de la production.

    La coopération porte donc un sens, pour répondre à la question.

    Mais le débat s'engage alors: doit-on promouvoir alors le concept même de coopération, détâché de la division du travail? Y compris dans le travail associatif, je pense à la répartition régulière des célé entre militants, toujours les mêmes. Doit-on valoriser la coopération dans l'économique alors ce sont beaucoup de coopératives laitières qui sont aujourd'hui responsables de la situation des agriculteurs? Je pense aux coopératives comme SODIAL ou à d'autres.

    Voilà des questions à soulever, et surtout pour aller plus loin, oui à la coopération en général, mais devrions-nous ne pas appeler cela la démocratie, le partage des tâches? La coopération oui, mais dans un but de compétition, non!! La coopération oui, mais pas dans un but d'enfermement des individus dans des tâches répétitives. La coopération oui, mais avec justement le reste de la société. Coopérer au sein du MRJC, c'est un pléonasme, l'acte de coopération dans l'action est donc beaucoup plus fort avec d'autres organisations, et notamment politiques!!
  • Cecile
    01 oct 2009 |
    (suite)
    L'histoire nous a d'ailleurs montré des sociétés coopératives de production, certes, de consommateurs, d'habitat, il y a en bien d'autres à penser. Autre question : est ce que la coopération n'est qu'une forme de réaction ou simplement une forme d'action?
    J'arrête là, Pierrick, et les autres!, avaient bien de quoi alimenter le débat!
  • Cecile
    01 oct 2009 |
    La coopération est-elle toujours une coopération dans le cadre du travail, ou comme le dit Pierrick dans le cadre de l'acte de production capitaliste -ou plutôt comme le dit Marx
    Restons chez Marx et voyons que ce brave homme a largement appelé les ouvriers à s'unir. C'est une forme de coopération, un effort, non productiviste, commun vers un horizon ou idéal commun, souhaité. On peut se demander si la coopération est donc intrinsèque du système capitaliste, comme le laisse entendre l'interprétation de Marx par Pierrick, ou si la coopération n'a juste rien à voir car elle ne fait pas référence -qu'-à un système de production.
  • Jerome
    30 sept 2009 |
    Pierrick. Oui j'ai supprimé ton post, et je comprends ton émoi face à ce que tu imagines de la censure. Et non, je n'ai pas voulu faire de censure, mais maladroitement je n'ai pas pris le temps de te répondre personnellement.

    L'idée de ne pas afficher ta participation était que je ne voyais vraiment pas où tu voulais en venir quand tu cites Karl Marx dans ce contexte. Et quand j'ai essayé de comprendre j'ai eu l'impression que tu ne répondais pas à la question posée : est-ce qu'agir ensemble est quelque chose pratiqué uniquement par les doux rêveurs du MRJC ou pas ?

    Du coup, tous tes posts sont publiés aujourd'hui. Ceci dit, peux-tu préciser où tu voulais en venir en citant le Capital de karl Marx ? Justement pour proposer un avis contradictoire et relancer un débat sur des bases claires.

    Et par la suite nous réagirons sur le fond des choses.
  • Pierrick
    La coopération, un des chapitres du Capital de Karl Marx.

    "La production capitaliste ne commence en fait que là où le même capital individuel emploie simultanément un nombre relativement important d'ouvriers".

    En d'autres termes, la coopération entre travailleurs est la base de l'acte de production capitaliste, puisque basé sur la division scientifique du travail.
  • Pierrick
    Pfff, et voilà encore un post supprimé. Nouvelle charte graphique ou pas, la censure est toujours de mise quand on tente de réinterroger les concepts manipuler le MRJC. La coopération ce n'est pas tout rose, elle a un sens politique bien précis et c'est en interrogeant les différents versants de son utilisation qu'on parviendra à avancer et proposer des actions collectives innovantes.

    Je n'imagine même pas la gueule du stage de recherche si sur le site du MRJC on commence déjà à éliminer la contradiction, le débat.
  • flippo
    23 sept 2009 |
    c'est sûr coopérer ça ne s'improvise pas ! surtout dans notre société compétitive ! et ce n'est même pas sûre que naturellement les hommes aients envie de coopérer, ils ont surtout envie de survivre, alors...! mais ce n'est pas parce que ce n'est pas naturel qu'il ne faut pas faire l'efort de tendre vers la coopération et de la mettre en place ! ça s'apprend, ça commence sans doute par se connaître mieux soi-même, pour pouvoir aller à la rencontre de l'autre dans une posture d'ouverture et d'accueil, voir l'autre comme un allié, un ami, un collaborateur, un plus, un COOPERATEUR !
    on ne coopère pas en claquant des doigts, c'est uen attitude qui se construit sans doute tous les jours, et ça en vaut la peine !
  • falgui
    23 sept 2009 |
    Coopérer pour avancer ! Je pense que la vie nous montre tous les jours que sans les autres, on a dû mal à avancer. Il existe même une nouvelle tendance, cela s'appelle la coopération négative ! Elle fait aussi avancer, à leur façon, d'autres hommes... Elle voudrait presque nous embarquer dans son sillon mais non !! Nous devons résister et prouver, par le biais de nos équipes au MRJC mais au-delà par le biais d'autres formes d'engagement, d'actions, de structures, que la REAL COOPERATION est possible !!! J'y crois et je dis oui !
  • Benja
    23 sept 2009 |
    C'est sûr qu'on est pas vraiment dans une société où tu es toujours le bienvenu quand tu parles de coopération. Et pourtant moi aussi je suis persuadé que la coopération peut devenir un mode de vie qui permette de renverser complètement notre manière de voir les choses et de vivre. Les gens naissent en étant dans la compétition dès leurs premiers pas à l'école sans même s'en rendre compte. Si on leur apprenait à être autrement que le meilleur, le plus beau et le plus fort au foot, on gagnerait sûrement en humanité.
  • helene
    23 sept 2009 |
    Je pense qu'avant de cooperer il faut bien se connaître entre en cooperation avec soi meme permet ensuite de vraiment s epanouir dans le collectif mais aussi epanouir le collectif ça fait à prmière vue très individualiste mais ce n'est qu'une étape importante et fondamentale pour l'équilibre dans la coopération...
  • bobob
    18 sept 2009 |
    pour moi la coopération c'est vraiment la base pour construire une société digne de ce nom. si on agit dans son coin, seul, contre les autres, on ne peut porter le projet collectif qu'est la société. vivre en société sans coopération ça n'a pas de sens. et pourtant aujourd'hui que voit-on ? une société basée sur la compétition...qui pour certains fonctionne très bien ainsi, pour d'autres est en train de s'écrouler...n'est-ce pas le moments d'imaginer d'autres formes pour vivre en société? et ce à tous les niveaux : économique, politique, social, familial, amical,...coopérer c'est regarder l'autre comme un acteur et un allié, une force!
  • Erwan
    18 sept 2009 |
    Faut pas rêver, si on coopère trop dans le monde d'aujourd'hui on se fait avoir. Je voudrais bien être coopératif, mais j'ai l'impression d'être tout seul, j'ai pas l'impression d'être compris. Faut changer les mentalités !
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