📢 BILLET D’HUMEUR – UN PRINTEMPS ORAGEUX POUR L’AGRICULTURE  📢

 
🌾  Une fois n’est pas coutume, le printemps met en avant l’agriculture – les hommes et femmes qui la font vivre. Telle la météo du printemps, la loi agriculture et alimentation votée à l’Assemblée inquiète de nombreux agriculteurs et agricultrices en brassant le chaud et le froid. Par ailleurs les actions syndicales ont fleuris durant ce printemps, aussi bien dans la rue que dans les champs. Le plus souvent étouffées par le bruit sourd des grenades et les gaz asphyxiants. L’opiniâtreté de certain.e.s a permis de faire parler des vignes de Bolloré pour dénoncer l’accaparement des terres. Les intérêts d’autres ont poussé à protester contre l’importation d’huile de palme en bloquant des raffineries. Ce qui a par ailleurs permis de rappeler l’incohérence de la circulation de nos denrées alimentaires.
 
Qu’est-ce que ces évènements nous font dire de l’évolution du paysage agricole ? Allons-nous enfin assister au virage à 180° si nécessaire ?
 

💧Une goutte d’eau dans la fosse à lisier💧

 
La loi agriculture et alimentation ne comporte en soi pas de propositions majeures permettant d’espérer une évolution. Elle reste dans des propositions convenues qui n’apporteront pas de changements concrets.
 
Nous pouvons tout de même souligner deux avancées significatives positives : l’appui à l’expérimentation sur les abattoirs mobiles, nécessaire pour contribuer à une mort digne des animaux.
 
La séparation entre le conseil et la vente des produits phytosanitaires qui au quotidien ont conduit de nombreux-ses agriculteurs-trices à acheter des produits dont l’usage n’était certainement pas toujours nécessaire et surtout néfastes pour leur santé et l’environnement.
Ces deux éléments ne suffisent pas à camoufler le vide de cette loi. Les débats riches de l’automne n’ont – comme nous pouvions le craindre – pas suffit à donner un nouveau cap.
 
Les diverses consultations du gouvernement semblent être une façade pour donner caution aux orientations de l’Elysée, validées en vitesse et à un rythme effréné à l’assemblée.
 
Le glyphosate et autres produits phytosanitaires ne seront pas remis en cause avant quelques années, les moyens pour accélérer leurs suppressions ne sont pas mis en œuvre dans cette loi. L’approvisionnement en produits sains dans la restauration collective a été mis sur la touche. La garantie d’un revenu pour les paysan-ne-s ne ressort pas de cette loi. La protection de l’outil de travail principal pour assurer la production alimentaire, la Terre, n’est pas assurée.
 

Sortir de la pénombre 

 
Aujourd’hui, nous sommes inquiet-e-s pour l’avenir de notre agriculture et plus globalement de nos territoires ruraux.
 
Le revenu pour les agricultrices-teurs est sans cesse menacé, trop dépendant des fluctuations d’un marché dérégulé.
 
La surproduction incitée par la PAC et nos velléités exportatrices ne permettent pas de garantir les conditions pour un accès à une alimentation saine pour tous à travers le monde. La souveraineté alimentaire doit être le cap pour permettre aux peuples de manger à leur faim et de manière saine.
 
Il est encore temps de prendre le virage, sans hésiter à utiliser le frein à main. Il est temps de se rappeler que les lois votées aujourd’hui ont un impact direct sur des femmes et des hommes qui souhaitent simplement vivre dignement et contribuer à l’alimentation de leurs concitoyens.