La Jeunesse Agricole Catholique (JAC) est créée en 1929 grâce à l’engagement de jeunes militants et de prêtres. Ces pionniers s’appuient alors sur l’Enseignement Agricole par correspondance, et sur l’ACJF (Association Catholique de la Jeunesse Française). A cette époque le Mouvement entend évangéliser les campagnes et améliorer les conditions de vie des jeunes paysans. En effet le travail est très pénible et les conditions de vie difficiles. A cela s’ajoute l’isolement des jeunes ruraux. La JACF, fondée peu de temps après, poursuit une action similaire auprès des jeunes filles.

Après la Seconde Guerre Mondiale la JAC/F participe à l’effort de reconstruction : il faut nourrir le pays. Le Mouvement se mobilise donc pour améliorer les productions agricoles en particulier grâce à de nouvelles techniques. En même temps la JAC/F poursuit un travail d’Education Populaire en s’activant à la formation humaine et spirituelle de tous les jeunes ruraux. Des formations techniques, des activités culturelles, du sport, une éducation aux tâches domestiques… tous les domaines de la vie des jeunes ruraux sont couverts par la JAC/F qui est devenue un mouvement de masse.

C’est à cette époque que le Mouvement permet à la profession agricole de s’organiser : organismes de gestion, coopératives, mutuelles, syndicats… Le Mouvement met déjà en place des démarches de promotion collective qui permettent à de jeunes paysans de prendre de grandes responsabilités. En 1960 l’écrasante majorité des responsables agricoles français et des élus ruraux est issue de la JAC/F.

Pendant les années 60, le Mouvement cible les évolutions à l’œuvre dans les campagnes : les agriculteurs sont numériquement minoritaires, d’autres classes sociales émergent. De nouveaux problèmes sont prévisibles : surproduction, exode rural massif, désertification, l’intérêt accordé au profit va croissant… Le Mouvement se réorganise afin de répondre au mieux à ces nouvelles réalités.
Et en 1965 le MRJC voit le jour.

Le Mouvement renouvelle alors ses analyses et propose des alternatives au modèle dominant : de nouvelles pratiques agricoles sont à mettre en œuvre, des solidarités doivent être renforcées avec les pays du tiers monde, les clefs d’analyse doivent être partagées par plus de personnes…

Les années 60 et 70 sont marquées par ces engagements, elles sont aussi marquées par de fortes crises internes. Malgré cela le MRJC poursuit son travail d’Education Populaire et s’engage avec les acteurs qui luttent pour davantage de justice. Dans la foulée, et encore aujourd’hui, le Mouvement initie de nombreuses actions de développement local sur des territoires ruraux. Il permet à des jeunes de s’engager là où ils vivent, mais aussi dans leur travail, à l’école.

Depuis 75 ans le MRJC est une véritable université populaire. Une école de l’engagement où des générations successives de jeunes prennent le goût de la prise de responsabilité. Qu’ils soient illustres ou inconnus, des milliers de personnes peuvent aujourd’hui témoigner de ce que leur a apporté l’adhésion à ce mouvement de jeunesse.