Rencontre avec le Pape François : Adrien nous raconte sa semaine au pré-synode des jeunes

Adrien a 22 ans. Militant du MRJC et membre de l’équipe nationale de la pastorale étudiante, il a eu la chance de se rendre à Rome pour y rencontrer le Pape, accompagné de jeunes venus du monde entier.

 Du 19 au 24 mars, ces 300 jeunes de toute nationalité, toutes tendances, mouvements et toutes religions ont participé au pré-synode sur les jeunes.  Adrien nous raconte comment il a vécu cette semaine passionnante, à la croisée des chemins entre  jeunes, église de demain et fraternité.

 « Nous avons rencontré le Pape François lundi matin. Il a exhorté les 300 délégués à « parler sans anesthésie » : il ne fallait pas nous le dire deux fois ! Lui-même était très incisif, proche des réalités quotidiennes des jeunes en évoquant notamment les violences faites aux femmes, (prostitution forcée, passages à tabac, anorexie etc.), les chrétiens persécutés etc. Il nous a donné le ton de la semaine.  

 

 Les deux premiers jours de la semaine, nous avons travaillé – en petits groupes et en plénière – sur les 15 questions directrices du synode : l’avenir des jeunes, leur place dans le monde, la révolution informatique, les relations entre les jeunes et l’Eglise, les vocations etc. Le texte était peu à peu ébauché, amendé, traduit, re-travaillé…. 

 

« Une Eglise qui tourne définitivement la page du cléricalisme, […] loin des jugements pharisiens d’une poignée d’intégristes déconnectés du monde »

 

La semaine a été marquée par beaucoup de rencontres informelles : des délégués allemands du MIJARC (mouvement internationale des jeunes agricoles et ruraux catholiques), beaucoup de chrétiens francophones, des chrétiens représentants les Eglises d’Orient, mais aussi des Australiens, des Malgaches, un délégué juif israélien etc. Notons au passage, que ce genre d’événements permet d’échanger et de faire dialoguer des gens qui ne se seraient jamais rencontrés. Qui d’autre réussi à mettre un iranien, un pakistanais, un libanais et un palestinien à table avec un américain et un israélien ? Un sikh avec un athée, un hindou et un bouddhiste ?  

 Concernant le plus important : le cœur du texte. Chaque thématique est abordée : de l’écologie à l’adoration eucharistique, des chrétiens d’Orient aux critiques de l’Occident sécularisé. Il en ressort que la jeunesse catholique du monde veut une Eglise bien plus ouverte, axée sur la miséricorde et non sur les dogmes, et une Eglise qui reconnaît ses erreurs (pédophilie, gestion des finances etc.). La miséricorde est le maître mot d’un texte véritablement issu de la « génération François ». Personne n’a jugé personne dans les groupes sur ses réalités et ses convictions personnelles,car comme le dis le Pape François « qui suis-je pour juger ? »

 Nous espérons avoir engagé un processus qui permettra aux jeunes de prendre pleinement leur place dans une Eglise pauvre pour les pauvres, transformée en hôpital de campagne, accueillant chacun sans la moindre distinction. Une Eglise qui tourne définitivement la page du cléricalisme comme le souhaite le Pape, loin des jugements pharisiens d’une poignée d’intégristes déconnectés du monde, des souffrances de leur prochain et surtout… des Evangiles.  

 

 

« Chacun est aimé de Dieu […] quelque-soit son orientation sexuelle, son histoire, ses douleurs, son état physique ou psychique »

 

Nous avons peut-être permis de faire triompher des idées progressistes qui puisent leurs sources dans les Evangiles et dans la figure de Jésus : écologie, migrations, universalisme, et surtout dignité de l’Homme. Marteler que chacun est aimé de Dieu parce qu’il est son enfant, quelque-soit son orientation sexuelle, son histoire, ses douleurs, son état physique ou psychique… il doit pouvoir vivre sa foi comme les autres. C’est ce que nous sommes venus défendre, ce que nous sommes venus vivre dans ce pré-synode, et il en ressort un consensus presque général sur ces questions. L’Eglise de François bouge ! et elle bouge dans le bon sens !  

 Aujourd’hui, nous, militants actifs de la jeunesse catholique du monde, sommes fiers et heureux d’avoir eu la chance de participer à ce pré-synode et de représenter tant de gens, qui souvent ne peuvent faire entendre leurs cris et leurs rêves. Nous espérons avoir contribué humblement à leur donner envie de rencontrer le Christ. A ce pré-synode, nous avons vu une Eglise fraternelle, ouverte sur le monde, authentique, agissante, et surtout, pleinement inspirée par l’Esprit Saint. La jeunesse apporte ainsi son soutien au Pape François dans sa volonté de transformation de l’Eglise, pour un monde plus juste et plus fraternel ! » 

Adrien Louandre

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Retour sur un engagement militant

Un court texte qui a bercé mon engagement militant me revenait à l’esprit en cette fin de synode. Il évoque un mouvement de jeunes résistants allemands protestants, exécutés par les nazis en 1943, la Rose Blanche. La sœur de deux d’entre eux écrit qu’au moment de leur mise à mort : « il ne leur restait plus alors qu’à renter en eux-mêmes et d’écouter cette voix intérieure qui leur disait « vous avez raison, persévérez, même si tous vous abandonnent ». Je crois qu’en de tels moments ils ont pu parler librement à Dieu, à ce Dieu qu’ils avaient suivis dans leur jeunesse et qu’ils cherchaient maintenant à travers toutes leurs actions, tous leurs efforts. Le Christ leur apparaissait comme un grand frère toujours présent, encore plus proche d’eux que la mort. Qui s’est engagé sur la Voie du Christ, la voie de la vérité qui répond à tout, et de la Vie, la grande vie sublime, ne peut plus revenir en arrière ».